L’actualité politique et culturelle
passée en revue par Jeannette

 

 

Le lien au vivant… à tous les vivants !

« Nous voulons 1 million de paysans »

Publié le 4/10/2022

noemie_calais_film« Nous sommes aujourd’hui soumis à des normes réglementaires et des contraintes qui sont déconnectées de la réalité et essentiellement faites par et pour l’agro-industrie. Au lieu de prendre en compte les éléments de la nature et de faire une nourriture saine et joyeuse dans le but de nourrir les gens. »

Ainsi s’exprime Noémie Calais, éleveuse de porc noir bio dans le Gers et productrice de ses propres salaisons. « Le paysan est celui qui relie les hommes à la terre. Quand on respecte l’animal, on respecte celui qui s’en occupe et on respecte par là même l’humain qu’on va nourrir derrière. »

Elle souhaite continuer à nourrir sainement et durablement ses clients et surtout cultiver la joie. Il faut l’écouter parler de ses cochons et on souhaite immédiatement que tous les paysans de France lui ressemblent !

Gabriela Morinay-Calmon intervient pour présenter Terre de Liens, une fondation qui existe depuis une vingtaine d’années et qui, dit-elle « soutient des paysans et non pas des chefs d’exploitation, car l’agriculture et l’alimentation sont sœurs… » Elle rappelle « qu’on perd tous les ans une surface cultivable comme le Havre en France. En 1952 les surfaces agricoles couvraient 72% du territoire et ce chiffre est tombé à 52% aujourd’hui. Les paysannes et paysans disparaissent avec, et il n’y a plus que 400.000 “chefs d’exploitation” (nomenclature de l’Insee!) alors qu’il nous faudrait 1 million de paysans pour nous nourrir. Terre de Liens a été créée pour sauver les surfaces nourricières !»

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-bonnes-choses/profession-eleveuse-9034191

Gabriela MORINAY-CALMON est coordinatrice communication-collecte : terredeliens.org

Noémie Calais : https://www.leporcnoirdenoemie.fr/

fermesdavenir.org (agroécologie et permaculture)

 

 

 

Nous voulons des pêcheurs !

Publié le 4/10/2022

Nous avions déjà évoqué il y a quelques semaines cette nouvelle application de vente directe de poissons sur les côtes françaises. https://carte.associationpleinemer.com/

Grâce à une belle exposition médiatique, cette association fait à nouveau parler d’elle car elle évolue très favorablement…

Elle souhaite travailler avec les collectivités locales et territoriales, les offices de tourisme, ou encore les chefs cuisiniers. Car plus les gens consomment en vente directe, plus les pêcheurs ont accès à une stabilité économique. Pêcher moins et mieux valoriser, c’est l’objectif de Pleine Mer.
Et un nouveau projet est en route, le projet Mer de Liens (en référence à l’association Terre de Liens). L’idée est de développer une structure permettant de racheter des petits bateaux et d’installer des jeunes pêcheurs «durables» sur ces bateaux. L’objectif est d’empêcher les industriels de la pêche de racheter ces petits bateaux pour récupérer les quotas et construire de plus gros bateaux. En effet, ce phénomène d’accaparement des ressources menace la pêche artisanale, en concentrant les droits de pêche dans les mains de quelques acteurs.

https://www.francetvinfo.fr/sante/alimentation/alimentation-une-application-recense-les-pecheurs-faisant-de-la-vente-directe_5362645.html

 

 

 

La nouvelle carte de la pêche locale est en ligne !

 

carte pleine merL’idée de l’association Pleine Mer (associationpleinemer.com) est de développer les circuits courts en lien avec les pêcheurs sur le même type de structures que les amap telles que nous les pratiquons avec le maraîchage ou avec d’autres produits annexes. C’est-à-dire s’approvisionner en poisson local par la vente directe et les circuits courts et soutenir le principe d’une pêche durable. Ainsi, certaines amap qui proposent du poisson en direct des pêcheurs sont référencées sur le site de Pleine Mer grâce au travail du MIRAMAP (miramap.org).

Pour ce faire l’association présente une cartographie qui a pour but de relier les pêcheurs et les consommateurs, et qui évoluera au fil du temps si le mouvement s’amplifie. Et le fait de développer la vente directe permettra, à l’instar de l’agriculture, de consolider le modèle économique de ces bateaux pratiquant une pêche soutenable.

 

 

 

 

Pesticides : un consensus scientifique est-il possible?

 

le-temps-du-débat-france-culture300x300Un épisode de l’émission « Le temps du débat », sur France Culture, animée par Emmanuel Laurentin, diffusée le 21 juin 2022.

 

La Commission européenne doit présenter une proposition de révision des lois sur les pesticides et la biodiversité.

Comment se fait-il qu’il soit si difficile d’établir pour le glyphosate, les néonicotinoïdes ou les fongicides SDHI un consensus scientifique même partiel sur les risques ? Va-t-on ne jamais cesser de lancer de nouvelles études ?

Il faut des réponses politiques plus importantes quant aux enjeux sanitaires et environnementaux. Pour le moment, elles ne sont pas suffisantes.

Alors qu’on connaît, depuis Le Printemps silencieux, le livre de Rachel Carson (publié pour la première fois en 1962 et qui est ressorti récemment dans une nouvelle édition), toute la dangerosité des pesticides, les lois pour les interdire tardent (encore!) à se mettre en place…

Les trois scientifiques présents dans cette émission (Jean-Marc Bonmatin, chimiste toxicologue, Laurence Huc, toxicologue en santé humaine et Giovanni Prete, maître de conférences en sociologie et vice-président du groupe «Maladies professionnelles» à l’Anses) interrogent de manière très claire les problèmes rencontrés.

Et il est évident, dès lors, qu’il faut plus que jamais soutenir les productions paysannes et nos maraîchers !

 

Soutien à nos paludiers !

 

20220606_142428Dans un article paru le 1er juin 2022, dans la rubrique « Conflit de Canard », Le Canard enchaîné rappelle les enjeux énormes qui opposent les paludiers français aux producteurs de sel industriel autour du label « Agriculture biologique », label que revendiquent nos 600 petits exploitants bretons et vendéens, affirmant que « seul leur sel marin artisanal est digne de bénéficier de l’estampille “AB” ».

Grâce à un sursaut de certains députés, on a échappé au label AB pour le sel extrait à coups d’explosifs, mais pour combien de temps encore ?

Raison de plus pour soutenir notre saunier, Stéphane Guichen.

 

 

 

 

 

Agriculture, alimentation

 

Extraits d’un article d’Estelle Aubin, publié sur le site de Libération le 24 mai 2022.

 

pesticidesToujours plus de pesticides dans les fruits et légumes vendus au sein de l’UE

Une étude, publiée par l’ONG Pesticide Action Network, démontre que la quantité de pesticides au sein des fruits et légumes augmente «spectaculairement» depuis dix ans. Ce qui contrevient aux ambitions formulées par l’Union. Ainsi, plus du tiers des pommes, le fruit le plus cultivé en Europe, est exposé aux pesticides.

L’Union européenne souhaite réduire de moitié d’ici à 2030 le recours aux pesticides les plus dangereux (herbicides, fongicides et insecticides). Depuis 2011, il était question d’éliminer les 55 pesticides les plus nocifs. Mais un rapport de cette ONG a révélé que leur présence dans les légumes et surtout les fruits vendus au sein de l’UE a considérablement augmenté au cours des dix dernières années.

 

Et la mûre serait le fruit le plus contaminé !

Cette ONG assure que 29% des fruits frais contiennent des traces de pesticides, contre 18% en 2011. Les fruits les plus contaminés en Europe sont les mûres (51%), les pêches (45%), les fraises (38%) et les abricots (35%). Plus du tiers (34% contre 16%) des pommes, le fruit le plus cultivé sur le continent, est exposé. La moitié des cerises serait également contaminée (contre 22% en 2011).

L’ONG note, sans préciser plus, qu’un nombre croissant de pesticides sont retrouvés à l’intérieur d’un unique fruit. Pourtant, les scientifiques mettent «de plus en plus» en garde contre ces «cocktails chimiques», qui «amplifient les effets sur la santé humaine»…

De leur côté, les légumes, moins sujets aux insectes et aux maladies, sont moins exposés aux pesticides. Les légumes les plus concernés étant le céleri, le céleri-rave et le chou kale (31%).

 

«Un échec des États-membres»

Constat sans appel : «Les gouvernements manquent à leurs obligations légales», pour l’ONG PAN. Car l’UE a pour ambition, depuis 2011, de réduire autant que possible l’utilisation des pesticides de synthèse, considérés comme les plus à risque. Leur autorisation est déjà réglementée dans les pays européens et les États-membres sont censés encourager des alternatives chimiques et non chimiques moins nocives. Pour conduire in fine à l’élimination pure et simple de tout pesticide.

Les conclusions de l’étude «révèlent un échec des États-membres à faire appliquer les lois au détriment de la protection des consommateurs».

 

Danger sanitaire et environnemental

Concrètement, les pesticides, ces substances destinées à détruire des organismes vivants jugés nuisibles, sont susceptibles d’avoir des effets sur la santé humaine en augmentant les problèmes de fertilité, voire le déclenchement de certaines maladies chroniques – Parkinson, cancers, diabète, problèmes cardiovasculaires en tête. Par ailleurs, 20% des agriculteurs exposés aux produits phytosanitaires ont des soucis de santé, selon une étude de la Mutualité agricole.

Les pesticides sont également très toxiques pour l’environnement, empoisonnant les sols, les cours d’eau et les invertébrés, amphibiens et oiseaux. Et ce parfois pour de longues durées, comme le révélait une enquête de l’Institut national de recherches pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement et de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer.

 

 

cinema

 

Birds Of AmericaBirds of America, de Jacques Loeuille, 2020, 1 h 24

 

Deux cents ans après la parution du célèbre ouvrage de Jean-Jacques Audubon (dont les activités de peintre et d’illustrateur scientifique croisent la botanique, l’ornithologie et la zoologie), Jacques Loeuille a parcouru le même périple que le peintre en son temps, en Louisiane, pour raconter comment d’autres espèces, humaines cette fois, sont elles aussi en voie d’extinction.

 

Birds of America propose, en remontant le Mississippi, de superposer le monde qui abordait alors tout juste la révolution industrielle avec celui d’aujourd’hui et les ravages écologiques de la société capitaliste. Entre l’évocation du travail d’Audubon et les témoignages contemporains des derniers descendants des Indiens qui occupent encore cette terre (mais pour combien de temps…), le parallèle est flagrant entre leur disparition programmée et celle des oiseaux par l’épuisement des sols dû à une politique de monoculture…

 

Jacques Loeuille a reçu le prix COAL 2018, distinction récompensant des artistes et des acteurs culturels sur les enjeux sociétaux et environnementaux et qui accompagne l’émergence d’une nouvelle culture de l’écologie à travers ses actions.

 

En salles à partir du 25 mai 2022, entre autres au Méliès, à Montreuil, et à L’Écran, à Saint-Denis.

 

 

Animations, rencontres, festivals

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2022-05 poinconFête de la biodiversité

 

Dimanche 22 mai de 18h à 21h30, au Poinçon, 124 avenue du Général Leclerc, 75014 Paris

 

 

2022-05 jardiner livreLa librairie d’Odessa (Paris 14e) présentera une sélection d’ouvrages dédiés à la nature et à la biodiversité et accueillera, en exclusivité, Denis Pic Lelièvre qui viendra dédicacer son  Jardin bio en BD, bible du jardinage biologique moderne !

La ferme urbaine Les tontons flowers (dont le container hydroponique est installé sur le site) viendra présenter ses micropousses et plantes aromatiques. Présentation et vente directe.

Exposition de photos d’Anny Romand et d’œuvres de Régine Heurteur, artiste peintre : une invitation à interroger notre regard citadin sur la nature et le sens du mot « sauvage »

L’association JIBOIANA performera sur la scène du Poinçon avec des projets solidaires et écologiques, notamment pour la préservation de la nature en Amazonie.

 

Bar et terrasse ouverte. Entrée libre.

https://poinconparis.com/evenement/fete-de-la-bioviversite-nature-s-et-culture-s-dans-la-cite/

 

 

 

CINÉMA

cinema

 

 

goliathGoliath, de Frédéric Tellier, 2021, 2 h

 

Pierre Niney, Gilles Lellouche et Emmanuelle Bercot… Un casting d’envergure pour le thriller environnemental Goliath, sorti le 3 février.

Ce long-métrage, inspiré de faits réels, retrace le combat de France (Emmanuelle Bercot), professeure de sport le jour, ouvrière la nuit, qui milite activement contre l’usage des pesticides. Parmi eux, la Tétrazine, un désherbant produit par un géant de l’agrochimie, Phytosanis, multinationale défendue par Mathias (Pierre Niney), qui incarne un lobbyiste brillant chargé d’influencer les décisions au Parlement européen.

Les deux croiseront la route de Patrick (Gilles Lellouche), un avocat parisien spécialiste en droit environnemental, à la suite du suicide de Lucie, qui s’immole par le feu devant le siège de Phytosanis.

Le réalisateur Fredéric Tellier ( SK1) retrouve Pierre Niney qu’il avait dirigé sur le tournage de Sauver ou périr. Sorti en novembre 2018, le film retraçait l’intervention de Franck, un sapeur-pompier de Paris, qui termine dans un centre de traitement des grands brûlés après un geste héroïque.

 

Un film très politique

Cette lutte contre un pesticide n’est pas sans rappeler la (vraie) bataille contre le glyphosate. L’herbicide du géant Monsanto, racheté en 2018 par Bayer, est considéré depuis 2015 comme cancérogène probable par le Circ, une branche de l’OMS. Malgré cela, la Commission européenne avait accordé une autorisation de cinq ans pour son utilisation, en 2017, suscitant l’indignation.

Emmanuel Macron a reconnu début janvier «ne pas avoir réussi» sur ce dossier, alors qu’il s’était pourtant engagé en novembre 2017 pour une interdiction du glyphosate «au plus tard dans trois ans».

Goliath est sorti dans les salles à seulement 32 jours du premier tour de l’élection présidentielle. Ce thriller pourrait bien remettre les enjeux environnementaux au cœur des débats de la campagne.